Maîtriser le stress thermique dans les vergers d’avocatiers : la brumisation comme levier de résilience face aux vagues de chaleur

Des vagues de chaleur de plus en plus destructrices pour l’avocatier

Au Maroc, les producteurs d’avocats des régions du Gharb et du Loukkos ont été durement touchés lors de l’été 2025. Les pertes de production n’étaient pas liées à une maladie ou à un déficit d’irrigation, mais à un facteur devenu critique : le stress thermique extrême.

Des températures dépassant régulièrement 40 °C, parfois sur plusieurs jours consécutifs, ont provoqué une chute massive des fruits et une perte significative de rendement. Les arbres ont abandonné une grande partie de leur charge fruitière.

Le contraste est frappant : alors que le Maroc visait une production de 140 000 à 160 000 tonnes, la campagne s’est finalement terminée autour de 80 000 tonnes.

Dans ce contexte, la gestion du climat du verger devient un facteur déterminant de survie agronomique.

Pourquoi l’avocatier est particulièrement vulnérable au stress thermique ?

L’avocatier réagit fortement aux températures élevées. Au-delà de 32 °C, il active un mécanisme de défense naturel : la fermeture des stomates pour limiter la perte d’eau.

Mais cette protection a un effet secondaire majeur :

  • la transpiration est fortement réduite
  • le refroidissement naturel de la plante est bloqué
  • la chaleur s’accumule dans la canopée
  • les fruits deviennent physiologiquement instables
  • la chute des fruits augmente rapidement

Résultat : le stress thermique devient un facteur direct de perte de rendement et de qualité.

Le refroidissement par aspersion : une réponse scientifique validée

La lutte contre le stress thermique ne repose plus uniquement sur des pratiques empiriques.

Une étude publiée en 2022 dans Scientific Reports, co-signée par Guy Reshef (Netafim), a démontré l’efficacité du refroidissement par aspersion au-dessus de la canopée.

Les résultats observés montrent :

  • une réduction de température des feuilles d’environ 10 °C
  • une amélioration significative de la rétention des fruits
  • des gains de rendement mesurables selon les sites

Le principe repose sur un mécanisme physique simple mais puissant : le refroidissement par évaporation.

Comment fonctionne le micro-asperseur en couverture aérienne ?

L’équipement utilisé est le micro-asperseur installé au-dessus de la canopée, positionné à environ 50 cm au-dessus du sommet des arbres.

L’eau est pulvérisée uniformément du haut vers le bas sur l’ensemble du feuillage.

Ensuite :

  • les gouttelettes s’évaporent directement sur les surfaces chaudes
  • l’évaporation absorbe la chaleur (refroidissement latent)
  • l’air autour de l’arbre devient plus frais et plus humide
  • les stomates restent ouverts
  • les fonctions physiologiques de l’arbre sont maintenues

 Ce système recrée un microclimat contrôlé, similaire au refroidissement naturel de la plante, mais amplifié et stabilisé.

Les solutions de brumisation pour les vergers d’avocatiers

Les technologies de refroidissement des vergers s’organisent autour de trois approches complémentaires :

 

Mega PULSAR : Nouvelle génération de brumisation pour vergers d’avocatiers

 

Dans un contexte de stress climatique croissant, Netafim introduit sur le marché Mega PULSAR™ qui représente une nouvelle approche de la brumisation agricole des verges :

Une couverture totale avec moins de consommation d’eau et moins d’émetteurs par hectare

Impact climatique :

  • Jusqu’à +25 % d’humidité relative
  • Réduction moyenne de 20 % de la température de l’air

 Impact économique :

  • Jusqu’à 40 % d’économies d’eau
  • Jusqu’à 90 % de réduction des émetteurs et supports par hectare

 Principe de fonctionnement

Le Mega-PULSAR™ génère un microclimat optimisé autour de la canopée :

  • abaissement de la température ambiante
  • augmentation de l’humidité relative
  • optimisation de l’efficacité de l’eau appliquée

Son système pulsé fonctionne avec :

  • de faibles débits hydriques
  • une Large distance entre les points d’installation
  • une distribution uniforme et optimisée de la brumisation

Comment piloter efficacement un système de brumisation en conditions de chaleur extrême ?

Dans les épisodes de chaleur intense, la précision de gestion est essentielle.

Les bonnes pratiques sont les suivantes :

  • activer le système lorsque la température dépasse un seuil critique et que l’humidité est basse
  • maintenir un fonctionnement continu sans interruption une fois démarré
  • séparer strictement le système de brumisation du système d’irrigation
  • éviter les arrêts programmés fixes : le système doit fonctionner jusqu’au retour à une zone climatique sécurisée
  • en cas de contrainte hydraulique, privilégier des cycles courts de 20 à 30 minutes

L’objectif n’est pas une durée fixe, mais le retour à un microclimat stable.

 Points techniques essentiels à surveiller

Le fonctionnement en conditions chaudes nécessite une vigilance particulière :

  • contrôle des dépôts de sels sur feuilles et fruits
  • prévention des risques de brûlures foliaires
  • choix d’asperseurs adaptés avec gouttelettes suffisamment grosses
  • limitation des faibles débits excessifs générant des résidus

NB : en cas de contrainte technique, privilégier le système PULSAR pour réduire ces effets .

Vers une nouvelle agriculture résiliente face au climat

Face à la multiplication des vagues de chaleur, l’avocatier devient une culture structurellement exposée au stress thermique.

Les technologies de brumisation et de refroidissement automatisé offrent aujourd’hui une réponse concrète :

  • validée scientifiquement
  • déjà utilisée dans des systèmes agricoles avancés
  • capable de stabiliser les conditions physiologiques de la plante

 Elles permettent non seulement de réduire la température du verger, mais surtout de sécuriser la production et limiter la chute des fruits, même en conditions extrêmes.

Dans un climat de plus en plus instable, la maîtrise du microclimat du verger devient un facteur stratégique de performance agricole.

La brumisation haute efficacité n’est plus seulement une technologie de confort : c’est un outil de résilience climatique et de sécurisation des rendements pour les vergers d’avocatiers.